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Article
publié dans “Libération” le 31
mars 2005,
au
sujet de la sortie d’“Hôtel Rwanda”.
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Dommage et étrange de la part
d’un “juste” de tenir des propos négationnistes.
C’est pourtant ce que fait Paul
Rusesabagina, comme le souligne Christophe
Ayad dans son article publié dans
“Libération”, le 31 mars 2005, au
sujet de la sortie d’“Hôtel Rwanda”
de Terry George.
Ce film américain relate l’histoire
de Rusesabagina lui même, un Hutu
marié à une Tutsie, qui a, en effet,
sauvé la vie de centaines de Tutsis
venus se réfugier à l’Hôtel des Mille
Collines dont il était le directeur
à l’époque du génocide.
Il négocia habilement avec les miliciens
génocideurs, les Interahamwe, et parvint
tant bien que mal à nourrir ses protégés.
D’autant plus bizarre, cette manière
qu’à Rusebagina de suggérer dans l’interview
qu’il a été forcé à l’exil en 1996,
sous-entendant, sans plus d’explications,
qu’il était “de trop” au Rwanda.
Scandaleux qu’il ose affirmer :
“après le génocide, on a continué
de massacrer. Les éliminations, les
jalousies, les vengeances, les assassinats
purs et simples, tout ça s’est poursuivi.
Le génocide continue.”
L’ancien directeur des Mille Collines
confond – délibérément ?- “guerre”,
qui bien sûr, entraîne des morts et
des violences, surtout quand il s’agit
de mettre fin à un massacre à grande
échelle, et “génocide”.
Ressort là le typique et monstrueux
discours des négationistes qui, par
un procédé vicieux, attribuent à leurs
victimes leurs propres intentions,
afin de justifier leurs méfaits. Ce
qu’on appelle “la propagande en miroir”.
Rusesabagina insinue que l’actuel
gouvernement rwandais, celui de Paul
Kagame qui a arrêté le génocide des
Tutsis, en organise à son tour un
autre contre les Hutus.
Quel serait alors le rôle des Gacacas,
ces tribunaux populaires instaurés
depuis quelques mois pour tenter de
désengorger les prisons bondées et
dont se plaignent souvent les rescapés,
obligés de vivre aux côtés de leurs
bourreaux ainsi libérés ?
Rappelons aussi que la peine de mort
n’est plus exécutée au Rwanda depuis
quelques mois et qu’aucune disparition
massive de Rwandais, quelle que soit
leur ethnie, n’est à déplorer comme
ce fut le cas pendant le génocide
: plus d’un million de morts en cent
jours, n’oublions pas !
Les propos malsains de Rusesabagina
me font songer à la polémique ressurgie
en Allemagne, il y a quelques mois,
au sujet du bombardement de Dresden,
comparé, par certains extrémistes,
à la Shoah et aux autres exactions
nazies. Méfions-nous des amalgames
!
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